- Jan 10, 2026
Pour en finir avec les hôpitaux dans lesquels on se perd
- Valérie Hellégouarch
Une étude universitaire australienne a récemment passé au peigne fin l'orientation dans les hôpitaux.
Verdict : si les visiteurs se perdent, ce n’est pas (que) de leur faute. 👇
C’est aussi (et en grande partie) dû à des défauts que l’on observe dans la plupart des systèmes d’orientation mis en place par les hôpitaux :
❌ La complexité architecturale liée aux extensions : les agrandissements successifs créent des transitions confuses entre anciens et nouveaux bâtiments.
❌ Une signalétique incohérente d’une zone à l’autre : des approches hétérogènes ou des messages contradictoires désorientent visiteurs et patients.
❌ L’absence de prise en compte de la diversité des publics : personnes âgées, enfants, allophones ou personnes ayant des déficiences cognitives n’ont pas les mêmes besoins.
❌ Une charge cognitive élevée : trop de points de décision successifs, de longs couloirs ou un manque de repères intermédiaires compliquent l’orientation.
Mais ce n’est pas le tout de critiquer, encore faut-il proposer des solutions…
Alors, voici celles que les auteurs de l’étude suggèrent :
✅ Uniformiser la signalétique : harmoniser graphisme, typographie, pictogrammes et langues sur l’ensemble du campus pour limiter la “rupture d’expérience”.
✅ Intégrer le numérique sans techno-centrisme : appli mobile ou borne doivent compléter (jamais remplacer) les indices physiques, tout en restant accessibles hors-ligne.
✅ Optimiser la géométrie : utiliser l’analyse “space syntax” dès la conception pour réduire les détours et les intersections inutiles.
✅ Alléger les parcours : simplifier les cheminements, réduire le nombre de décisions successives et placer des repères (vue extérieure, œuvres d’art, lumière naturelle) à intervalles réguliers.
✅ Concevoir pour tous : associer pictos universels, contrastes élevés, police de caractères lisible, marquages tactiles et audio-guidage afin de couvrir les déficits visuels, cognitifs ou linguistiques.
✅ Mesurer & ajuster : suivre des indicateurs simples (temps de trajet, demandes d’indications, rendez-vous manqués) pour piloter les améliorations.
L’étude est disponible en intégralité ici : Wayfinding Strategies for Non-Emergency Services in Australian Hospitals
Ce sont globalement des positions que nous partageons et que nous déployons concrètement chez nos clients.
Parce que, la vraie question :
👉 Ce n’est pas “Pourquoi se perd-on dans les hôpitaux ?”
👉 Mais “Quand va-t-on décider d’appliquer ce qui fonctionne ?”